Avant-propos

Olivier WEISSENBACH
Anne-Marie SCORTECCI

mars 2009

Ces dernières années nous avons vécu une période de modernisation de la pratique orthodontique. Les progrès de la métallurgie font partie des grandes innovations qui ont changé notre exercice. En répondant aux exigences esthétiques tout en améliorant confort et utilisation, l’orthodontie linguale a pris son essor. L’ancrage squelettique transi¬toire a ouvert des possibilités de traitement inimaginables avec les dispositifs mécaniques classiques. Grâce à ces changements, la qualité des traitements s’est améliorée. La révolution numérique qui a entièrement modifié l’imagerie, n’a probablement pas encore donné tous les développements que l’orthodontie peut en attendre.

Ces nouvelles possibilités, qui sont main¬tenant évidentes pour les orthodontistes, n’ont, nous semble-t-il, pas encore été suffisamment diffusées auprès des odontologistes des autres disciplines. Ces derniers ont besoin d’être informés de l’extension de nos possibilités thérapeutiques pour les relayer aux patients. Inversement, les odontologistes n’ont pas été en reste et eux aussi ont amélioré leurs thérapeutiques, modernisé leurs conceptions et ont profondément muté. Nos patients devraient pouvoir bénéficier de l’ensemble des progrès actuels, dans tous les domaines de l’odontologie. C’est pourquoi nous nous devons de nous ouvrir aux conceptions modernes pour toutes les disciplines de l’odontologie.

Dans cet esprit d’interdisciplinarité, notre démarche a été de comprendre le progrès,c’est-à-dire de partir des conceptions fonda¬mentales pour parvenir aux idées les plus novatrices. Ce numéro a été conçu dans l’objectif de servir la clinique quotidienne en pré¬sentant les dernières avancées cliniques actuellement applicables, susceptibles d’apporter de réels progrès, et de permettre à nos patients l’accès au meilleur de nos thérapeutiques.

C’est un vaste programme pour ce numéro de la Revue que nous avons limité à la gestion du parodonte au cours des traitements d’orthodontie. Les articles de ce numéro ont été écrits par des cliniciens qui nous présentent en s’appuyant sur leur expérience les fondamentaux et les aspects novateurs de ces disciplines très complémentaires que sont la parodontologie et l’orthodontie.

Commençons par les fondamentaux en parodontologie et en implantologie. Laurence LAPORTE, parodontologiste, nous apporte les notions de base pour discerner les morpho-types sains et pathologiques ainsi que les étapes de la prise en charge parodontale.

Dans le cas d’agénésie, Hervé BUATOIS, implantologiste, nous explique avec une approche pluridisciplinaire, comment gérer le cahier des charges et trouver les solutions gingivales, osseuses et implantaires clés de la réussite.

En ce qui concerne les dispositifs et le parodonte, Daniel CHILLÈS, un des pionniers français de l’ancrage squelettique transitoire propose un nouveau dispositif pour dissiper les forces de réaction provoquées par des mécaniques à action sélective sans perturber un équilibre occlusal qu’il convient de main¬tenir. Il défend l’utilisation de vis sous-muqueuses courtes qui, en plus de leurs qualités de sécurité, autorisent d’autres zones d’ancrage et de nouvelles directions de forces. Son expérience clinique lui permet d’allier des concepts difficiles à réunir que sont : l’efficacité, la simplicité, la sécurité et l’innocuité parodontale.

Avec la corticotomie alvéolaire, Jean-David SEBAOUN nous ouvre de nouvelles perspectives pour le déplacement dentaire. Il devient possible d’accélérer la vitesse du mouvement. Nous savons que cette dernière est notamment influencée par l’état osseux en général, et de celui du maxillaire en particulier. La technique vise à créer et à entretenir les conditions favorables à un déplacement rapide.

L’évolution de l’imagerie a été considérable. Avec Jean-Michel FOUCART, nous avons essayé de vous mettre le pied à l’étrier en vous présentant un moyen simple d’accéder aux images natives des examens tomodensitométriques et de vous initier à leur exploitation tridimensionnelle grâce au logiciel OSIRIX®.

Finalement il ne faudrait pas considérer le progrès comme une fin en soi car la nou¬veauté n’est pas toujours un gage de valeur. Pour obtenir le meilleur des nouvelles conceptions thérapeutiques, celles-ci doi¬vent passer par l’évaluation technique, l’ex¬périence clinique, nourries de réflexion éthique et de considérations juridiques. Ce dernier point sera développé par l’expertise d’Alain BÉRY.

En vous souhaitant une fructueuse et agréable lecture.

Weissenbach O. Scortecci AM. Avant-propos. Rev Orthop Dento Faciale 2009 ;43:9-11

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