Le mot du président

Vous, nous et la Revue d’ODF !

Comme le souligne Julien Philippe dans un éditorial publié sur le site de l’Association de la Revue d’ODF, « la Revue d’ODF n’est pas née par hasard ». Il a fallu la conjonction des circonstances, voire d’ajustements, sûrement de fermes déterminations pour que ses publications trimestrielles tombent avec ponctualité en rapportant les travaux des meilleurs auteurs, que l’on compte d’ailleurs souvent parmi les figures illustres et historiques de notre spécialité.

Mais si l’intérêt pour les publications de l’Association n’a pas faibli, c’est aussi parce qu’elle n’a pas été gérée au hasard.

Ces quelques lignes vont éclairer le lecteur sur son administration et le cadre original dans lequel se définit son mode de fonctionnement actuel.

Historique

L’Association de la Revue d’Orthopédie Dento-Faciale a été déclarée à la sous-préfecture de Brest par son Président C. Duchateaux avec l’ensemble de son bureau, le 19 décembre 1968, puis enregistrée au Journal Officiel le 10 janvier 1969 sous le régime relevant de la loi sur les Associations du 1er juillet 1901. Le JO du 10 novembre 1993 enregistre ensuite le déplacement de son siège social à Albi.
Beaucoup a été fait depuis les années 1970, époque au cours de laquelle avec une bande clairsemée de quelques jeunes praticiens, nous avons rejoint le noyau initial des fondateurs de notre périodique.
Lors de la création de la publication, les chargés de rédaction et leurs auteurs ont voulu rendre compte des avancées de la spécialité à l’étranger. Au fil des ans, en fait, ils ont progressivement privilégié les articles cliniques au point que les illustrations ont occupé de plus en plus de place sur les pages. Avec le passage à la couleur, il a fallu
raison garder.

Bien entendu, la dynamique de progression des bases et des sciences fondamentales a été rapportée pour servir toute l’iconographie.
Toutefois, c’est bien le volet clinique qui reste une identité spécifique de notre publication et qui a été favorisé de plus en plus pour coller aux préoccupations quotidiennes des praticiens : même actuellement, toute documentation
n’est pas disponible sur internet, en particulier sur les thèmes les plus pointus de notre spécialité ou pour les maladies rares.
Dès ses tout débuts, l’ARODF a réuni des enseignants et des cliniciens passionnés par l’exercice d’une discipline diversifiée qui touche à de multiples domaines connexes, à la fois par ses aspects cliniques et par ses connaissances fondamentales. Avec en plus pour les premiers, le désir de connaître, puis de participer au monde de l’édition en
publiant.
Julien Philippe donne, dans les pages de ce numéro du 50e anniversaire, tous les éléments qui permettent de comprendre pourquoi la Revue d’ODF a été créée. Puis, comment « l’arbre a poussé ».

En équilibre

Le fonctionnement de l’ARODF a toujours bénéficié d’un équilibre bipolaire qui, comme la balance, est pourvu de deux plateaux : si l’un correspond à la Rédaction et à l’Edition, l’autre concerne la gestion et l’administration de l’Association ainsi que de ses membres. Ces deux plateaux de la balance sont sous l’oeil d’un Conseil d’Administration : d’un côté, la communication ou la politique de gestion ont, certes, leur intérêt et leurs nécessités incontournables, mais de l’autre, le pôle opératif de la rédaction et de l’édition est tout–à-fait essentiel puisqu’il élabore et construit la publication.

Le poids supporté par la charge de rédaction est significativement important pour les rédacteurs qui corrigent, qui mettent en forme des articles, qui suggèrent des auteurs et en assurant le renouvellement des thèmes. Ils répondent du suivi de la forme et du fond des articles proposés ou commandés, reviennent sur les revues de littérature, vérifient les données épidémiologiques ou effectuent les recherches nécessaires pour actualiser les dernières données sur le sujet. Bref, comme les appelait l’ami Alain Fontenelle, ce sont les « forçats malicieux de l’Orthodontie ».

En fonctionnement

Les spécificités de la Revue d’ODF sont originales et – vous allez le voir - assez uniques.

Elles sont de deux ordres :
d’abord une organisation rédactionnelle et éditoriale, rigoureuse et conviviale, ouverte et diversifiée, autour d’un directeur et d’une secrétaire générale de la rédaction. Les thèmes à développer – généralement deux par séance - sont présélectionnés par l’ensemble des membres de l’association présents aux réunions, puis documentés et analysés par les participants qui ont une affinité pour le sujet qu’ils ont choisi.
Un rapporteur dresse la synthèse élaborée par le groupe sur ce thème devant les confrères qui en amendent, complètent ou rejettent les idées.
Cette procédure interactive est particulièrement enrichissante pour les participants qui découvrent ou complètent les bases d’une thématique, longtemps avant la publication du numéro. Des auteurs sont ensuite proposés par le rédacteur responsable du thème, en suivant les points d’accord dégagés après la synthèse acceptée par l’assemblée des membres. Cette méthode de travail prend alors tout son sens dans la recommandation : « s’enrichir de nos différences ».

• L’autre originalité de la Revue d’ODF est, en parallèle des numéros varia qui suivent l’actualité scientifique, de faire régulièrement le point de nos connaissances sur un sujet d’importance pour le praticien et le clinicien. Le développement de nouvelles thématiques occupe parfois bien plus d’un numéro trimestriel et doit être distillé sur plusieurs
publications pour ne pas lasser le lecteur. Dans l’idée d’effectuer une synthèse thématique, un rapprochement pourrait être fait avec les « rapports » jadis publiés par la Société française d’orthopédie dento-faciale. L’intérêt de ce type de publication est évident et tient en trois mots : l’actualisation d’une formation continue.

Perspectives ou vœux pieux ?

Les perspectives de l’édition, qu’elle soit ou non spécialisée, sont en général multiples et incertaines, principalement parce qu’elles tiennent à l’évaluation de la communication et de ses supports dans l’avenir. Pour nous, même si elles passent par un développement ou une autre utilisation de notre site, si elles utilisent le vecteur des éditions numérisées via internet, si elles exploitent le regroupement des périodiques scientifiques - orthodontiques ou d’autres spécialités - en favorisant les ajustements rapides des informations ou des publications, le facteur humain persistera immuablement.
Et dans un avenir qui se rapproche, la langue française va se développer grâce à l’augmentation explosive du nombre des locuteurs du continent africain. D’où la mission indispensable de formation des futurs rédacteurs et des contributeurs motivés qui nous échoit.

L’Association de la Revue d’Orthopédie Dento-Faciale doit donc être d’abord et pour l’heure une équipe de praticiens de l’orthodontie qui ont en commun la passion de leur spécialité, qui ont pour ambition de la faire progresser et de partager leurs connaissances mais, aussi et surtout, qui cherchent à échanger et à s’enrichir mutuellement de leurs différences.
Cette aventure scientifique exaltante a maintenant dépassé les 50 volumes annuels publiés, à raison de quatre publications et plus de 500 pages par an. Elle a façonné des relations cordiales de courtoisie, de bonne humeur, voire de reconnaissance et d’affection. Elle a vu émerger des thèses, des personnalités et des auteurs de talent
grâce aux échanges et aux débats qui prolongent les réunions de formation.

C’est tout cela qui explique la longévité et la permanence de la Revue d’ODF. Elles pourront durer en appui sur une volonté et sur des valeurs, sur une adaptation aux flux de communication et d’échanges.
C’est tout cela qui a rassemblé et unira dans l’avenir des membres soudés par une estime réciproque, par ce « partage des connaissances et des pépites », dont parlait Robert Murray Ricketts.
C’est, en somme pour chacun, valoriser sa quête de l’excellence.

Vous nous connaissez maintenant : alors, venez donc nous rejoindre !

G.M. BOUNOURE,
Président de l’Association de la Revue d’ODF

et

F. FLAGEUL
Secrétaire Générale de l’Association de la Revue d’ODF