Apport des minivis enfouies dans la mise en place des canines incluses vestibulaires en technique linguale

F. HAIM spécialiste Qualifié en ODF

RÉSUMÉ
La canine maxillaire représente, après la troisième molaire, la dent la plus souvent incluse. La prévalence des canines incluses maxillaires est de 0,8 à 2,8 %. Les canines incluses en situation vestibulaire représentent une minorité des canines incluses, 15 % à 32 % des cas selon les auteurs. Leur mise en place est souvent plus
complexe compte tenu des impératifs parodontaux, de la proximité fréquente de la racine de l’incisive latérale et du contrôle très précis de la direction de traction qui
doit être délivrée par le dispositif. Dans le cas rapporté, l’association de deux techniques innovantes, minivis enfouies et attaches linguales individualisées, a permis
de réduire la complexité du traitement pour le praticien et ses contraintes pour la patiente.

MOTS-CLÉS
Canine incluse vestibulaire, ancrage minivis, appareil
lingual individualisé.

INTRODUCTION
Les orthodontistes sont fréquemment confrontés à la découverte tardive de canines incluses. La prévalence des canines incluses maxillaires est de 0,8 à 2,8 %3,7,8.
Celles en situation vestibulaire représentent 15 % à 32 % des cas selon les auteurs5-7. La mise en place des canines vestibulaires hautes est un défi pour
l’orthodontiste qui doit arbitrer entre le risque d’une altération de la racine de l’incisive latérale lié à une traction trop verticale et le risque parodontal lié à une
traction trop vestibulaire. Le dispositif orthodontique doit permettre une très grande précision dans l’application des forces et des variations de la direction de
traction5 au cours du mouvement.
Colombe, 18 ans consulte à l’occasion de la découverte d’une canine maxillaire temporaire gauche qui persiste sur l’arcade.
L’examen clinique ne détecte pas d’autre anomalie, hormis une version corono-vestibulaire très modérée de 22 et l’absence des germes de 18, 38 et 48.
Les examens complémentaires objectivent la présence de 23 incluse, haut placée. La pointe cuspidienne de 23 est située entre les apex de 21 et 22, au
contact de la corticale vestibulaire alors que sa racine est au-dessus des 22, 24, 25 et son apex au contact de la corticale palatine. La canine est donc palatine
dans sa plus grande étendue, mais sa pointe cuspidienne, vestibulaire par rapport à 22, interdit une mise en place par traction palatine. L’examen clinique
attentif permet de déduire la situation vestibulaire de 23 avant même l’étude des examens complémentaires. (La version corono-vestibulaire de 22 signe une version radiculo-palatine, conséquence de la situation vestibulaire de la pointe cuspidienne de 23). 63,
présente une résorption supérieure au ¾ de sa racine et l’espace nécessaire à la mise en place de 23 est insuffisant.
Colombe redoute la pose d’un appareil orthodontique visible qui semble constituer pour elle un obstacle insurmontable. « Je ne veux pas de bagues
à 18 ans ».

Objectifs thérapeutiques et plan de traitement
Une proposition de traitement est faite. L’objectif est la mise en place de 23 avec un dispositif invisible et très simplifié pour la première partie du traitement, c’est-à-dire, le long trajet sous muqueux vers le site spontané d’éruption de la canine. Puis la prise en charge de 23 par un dispositif orthodontique invisible pour son positionnement esthétique
et fonctionnel, après avulsion de 63. Colombe nous donne son consentement pour cette proposition de traitement.

PDF - 9.3 Mo
Apport des minivis enfouies par F. HAIM
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